Se battre pour garder ses propres traditions

  Depuis une île on ne peut plus tropicale par son humidité et sa chaleur, où traînent encore quelques vestiges de l’époque coloniale mais qui a surtout laissé sa langue en héritage… un anglais émaillé de tics chinois (Hokkien ici), comme : « how are you lah ? » « Where are you going lah ? » « It’s ten ringgits lah » « bye bye lah » (j’adore… j’ai même déjà attrapé le tic lah ! ….)   …depuis Penang donc, où l’on s’apprête à fêter le Nouvel An Chinois, avec ses traditions millénaires. Le « ang pao », petit paquet rouge dans lequel on glisse de l’argent et que les adultes offrent aux enfants est un must, une jolie façon de souhaiter un avenir favorable à la jeune génération. Son montant est important car il indique le rang social du donneur. La couleur dominante est le rouge porte bonheur, et c’est l’occasion de porter des vêtements neufs. On nettoie la maison de fond en comble, mais bien avant l’évènement, car dépoussiérer pendant la période de fête chasserait les bonnes nouvelles. Mes amis Chinois m’ont aussi appris que les pétards et feux d’artifices, c’était pour chasser les mauvais esprits. Certains mots sont également interdits : comme « quatre » et « mort » et il ne faut surtout pas acheter de nouvelles chaussures. Une femme qui offrirait des chaussures à son mari risquerait de voir celui-ci s’éloigner d’elle avec les dites nouvelles chaussures

Semelles de vent

    Je vais bientôt rechausser mes semelles de vent, avec un billet open, pour Kyoto et ses Ikebanas, Sulawesi et ses tribus Toradjas, Sarawak et ses long- house Batak, Singapour et son Garden by the bay, le plus beau jardin du monde, avec, des adresses d’amis qui m’attendent, à Bali, au Cambodge, à Kelantan et à Kuala Lumpur en Malaisie. Je pars pour ces pays « aux noms magnifiques » comme  disait Joseph Kessel. « Mais qu’est-ce que tu emportes comme bagage ?" me demande un proche. Il serait étonné de voir que la moitié (en volume) est occupé par des volumes qui font beaucoup plus que la moitié du poids autorisé en bagages. Simon Leys, Byung Chul, Muray, Cheng, Chomsky. Sans oublier mon inséparable « Infusion d’Iris » de Prada que j’emporte toujours avec moi et que j’ai aimé décrire dans mon roman terminé LE VELOURS DE L’ENFER : bois de cèdre, benjoin du Laos, encens de Somalie, et mandarine d’Italie. Je vais aussi glisser dans mes bagages quelques extraits de poèmes écrits par une adolescente, petite cousine calaisienne à l’âme rimbaldienne. Elle joue avec les mots à en avoir mal à moins que ça ne soit l’inverse. Elle sera grande un jour

UN CHIEN DE RUE REJOINT LA FAMILLE ROYALE

Ce blog est une traduction d'un article de Giles Ji Ungpakorn paru dans NEW MANDALA (journal en ligne thaïlandais) Giles Ji Ungpakorn est le fils d’un ancien gouverneur de la Banque de Thaïlande, puis recteur de l’Université Thammassat, sa mère est anglaise. Il a la double nationalité thaïe et britannique. Giles a été éduqué en Angleterre (université de Durham, puis « School of Oriental and African Studies », et l’université de Londres avant de rentrer en Thaïlande en 1997 Après le coup militaire de 2006, Giles a conduit un mouvement d’étudiants à Bangkok. Plus tard il a été accusé de lèse-majesté pour avoir écrit « A COUP FOR THE RICH »   L’utilisation de la loi draconienne de lèse-majesté a atteint des proportions absurdes et vicieuses. Absurdes : un jeune ouvrier d’usine a été inculpé pour s’être moqué du chien du roi dans les médias sociaux ; vicieuses car ces cas sont punis par des peines de prison de plus en plus lourdes depuis le coup d’état militaire de 2014. Ils sont jugés par des tribunaux militaires, sans aucune transparence ni justice. Le nombre de cas le LM a augmenté de façon spectaculaire sous la présente junte. Des gens sont en prison pour avoir exprimé un point de vue à travers la presse écrite ou les médias sociaux. Un homme a été inculpé pour avoir dessiné des graffitis sur un mur de toilettes. La junte a alors menacé tous ceux qui avaient simplement « liké » l’info sur FB.

PARLER, C’EST CREER DES LIENS, DES OBLIGATIONS

  Ça pourrait être le début d’un roman « à la Musso », un thriller dont je ne suis pas sûre d’avoir envie de connaître l’épilogue… forcément, pathétique, forcément tragique. Parler à quelqu’un engage. Parler à quelqu’un créé des liens. Et parfois des obligations. (Je pense à St Exupéry qui disait : apprivoiser, c’est créer des liens) Lorsque je suis à Paris, j’ai mes habitudes de petit-déj. Chez Exki Bd Montparnasse. C’est là que j’écris mes premières lignes de la journée. Des amitiés se sont créés là : une jeune avocate d’origine indienne venue me rejoindre en Thaïlande, un peintre japonais qui fait chaque jour ses exercices japonais/thaï (il a un appartement à Bangkok), un Tunisien qui écrit un livre sur le Djihad, un linguiste, vendeur chez Chevignon aux Galeries Lafayette, une jeune malentendante qui cherche du travail, un couple de retraités cinéphiles… Avec le temps, on échange, et ce lieu d’écriture est devenu une sorte de salon agréable où, à mon grand désespoir, je n’ai plus le temps d’écrire.

LE SENS DES MOTS, LE POIDS DES SYMBOLES

  Je suis française sans drapeau, pas mis de bleu blanc rouge sur ma page FB, pas nécessaire, c'est ma croyance profonde, viscérale, sans ostentation. Je connais la « Marseillaise » par cœur, on me l'a apprise dès que j'ai appris à lire, c'est mon patrimoine, qu'importe le sens exact des mots, c'est un hymne qui nous unit, même s'il dit qu'il faut partir en guerre, d'ailleurs, nous sommes en guère pépère Hollande nous l'a dit. Quand je vois une ministre ou un joueur de foot qui ne connaît pas les paroles de ce chant patriotique, je suis gênée. Quand je le chante cet hymne, je ne pense pas un seul instant aux paroles, le sang impur et tout ça… je le chante parce qu'il me donne le frisson, le genre de frisson que l'on ressent lorsqu'on est « ensemble » (regardez les fans de foot dans un stade), Je chanterais « I can't get no satisfaction » des Rolling Stones si on me disait « c'est ton hymne « , c'est le cœur de millions de gens qui bat à l'unisson, au même putain de rythme, l'espace de trois minutes. De la pure émotion, une émotion qui d'ailleurs ne se limite pas à ce seul  hymne français, j'ai le même frisson qui me prend des pieds à la tête, des doigts de pieds à mes putains de larmes salées lorsque j'écoute l'hymne national thaïlandais, alors que – comme la Marseillaise – ses paroles sont plutôt gratinées. C'est être ensemble qui compte, c'est chanter ensemble, c'est se donner le courage de passer la journée, de traverser la rue et ses champs de mines. Parce que la vie c'est ça : passer au travers d'obstacles sur terre, dans les airs, dans le métro, dans les bars, dans les salles de concert. Sommes nous toujours « citoyens du monde » ?

De MAO à CONFUCIUS ! (très forts les Chinois)

    Au salon du livre de la Brède, et si j'ai bonne mémoire, le maire de la ville s'est réjoui de l'arrivée de centres Confucius dans la région. Avec notre culture - (mais en dehors de semeurs d'idées iconoclastes, contradictoires… en dehors des penseurs à contre-sens…) - notre culture n'est jamais faite que d'idées apprises et transmises d'une génération à l'autre. Transmises ou inculquées. Apprises ou attrapées au vol (là c'est mon cas!). Donc, pour nous, Confucius c'est la sagesse d'un grand philosophe chinois dont nous n'avons retenu que quelques maximes qui, en général fleurissent avec succès sur FB (« Appliquez-vus à garder en toute chose, le juste milieu » - « Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres » - « Le contentement apporte le bonheur même dans la pauvreté, le mécontentement apporte la pauvreté même dans la richesse ») Bon assez de maximes sûrement mal traduites ! Croire que le Parti Communiste Chinois, ressuscite Confucius comme une ouverture sur la religion, la pensée sage qui mène à la sagesse, c'est bien mal connaître le pays de l'endoctrinement à la Mao !

LA VIE AUSSI EST VOYAGEUSE (« Une femme en bleu »)

  Si on me demandait pourquoi « Une femme en bleu », titre pas très exotique pour un roman qui se déroule en grande partie en Thaïlande, et plus précisément dans le nord-est du pays, la région Isan…. je répondrais qu'en Thaïlande, les couleurs ont une grande importance. Tradition : Chaque jour a sa propre couleur : lundi (Lune : jaune), mardi (Mars : rose), mercredi (Mercure : vert), jeudi (Jupiter : orange), vendredi (Vénus : bleu), samedi (Saturne : violet), dimanche (Soleil : rouge). Le roi de Thaïlande étant né un lundi, de nombreux Thaïs portent cette couleur le lundi, preuve de leur attachement au souverain. Politique : au moment des affrontements entre royalistes conservateurs et aficionados de Thaksin deux groupes se formèrent : les « Chemises jaunes » et les « Chemises rouges » A Amata, l'héroïne de ce récit, son ami Shanti (lui aussi adopté) a donné le surnom de « Song Sii » « deux couleurs », une façon de lui faire comprendre qu'elle a une double culture : celle de son pays d'origine et celle de son pays d'adoption. Enfin, lorsqu'Amata rencontre sa mère pour la première fois (elles ne savent pas encore qui elles sont toutes les deux), celle-ci porte une robe bleue. Couleur qu'elle portera encore le jour où elles se parleront. Cette vision d'une « femme en bleu » resta gravée dans la mémoire d'Amata. Voilà pour les couleurs, mais il y a un autre fil conducteur… tout au long de ce roman… ce n'est pas pour rien qu'Amata s'appelle ainsi (Éternité)….      

La Malaisie, représentation de notre monde de demain ?

« Vers l’harmonisation des lois » : réformer la loi afin d’unifier les règles civiles et la chariah !  Titre du « The Star » qui en dit long sur la Malaisie ! Fin des années soixante-dix, j’ai vécu plusieurs mois en Malaisie… ce débat avait déjà lieu. Et ça ne s’est pas arrangé ! Est-ce que les gens de différentes cultures, religions, peuvent vraiment vivre ensemble ? A l’échelon personnel, couple, voisinage, sûrement… mais à l’échelon national ?? La Malaisie, un état moderne ? Oui sur le plan électronique, sur l’état des routes, de l'architecture etc.