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Histoire

142. La suppression de la corvée royale au Siam.

Nous avons déjà vu comment le roi Chulalongkorn s’est engagé dans la formation d’un Etat moderne centralisé, avec de grandes réformes ; comme celle de la grande réforme administrative de 1892, (création d’un nouveau système, avec des nouvelles circonscriptions et des fonctionnaires dépendant du pouvoir central), celle des finances publiques, la création d’un budget d’Etat en 1909, d’un service du cadastre en 1885,généralisé en 1910, l’abolition de la corvée royale en 1899 ( ?), l’abolition définitive de l’esclavage en 1905 … * et le « remplacement de la rente-travail et de la rente-produit par la rente-argent » pour reprendre une expression de Michel Bruneau.** Une société en pleine mutation, qui va changer les rapports personnels, créer de nouvelles sources d’enrichissement et de prestige, aussi bien pour le pouvoir royal que pour les nobles, les fonctionnaires, et les sujets aisés. Il faut se souvenir d’une donnée fondamentale qui se retrouve dans toutes les sociétés d’Asie du Sud-Est, comme le dit Forest, à savoir qu’auparavant, le système social était surtout fondé sur l’importance des relations de protection et de proximité. Il s’agissait pour chacun à la place qui est la sienne, d’être au plus près du roi dans la hiérarchie, et d’obtenir une fonction qui donnait enrichissement et prestige. Ceux-ci étaient liés, car le prestige de la fonction – que l’on occupe parce que l’on a acquis suffisamment de mérites- permettait l’enrichissement mais l’enrichissement se réinvestissait non dans des opérations économiques au sens occidental mais dans des dépenses somptuaires, des dons. (Aux monastères par exemple), et des aides diverses auprès de ses administrés, ses protégés, et ses engagés. (Forest « Formes extrêmes de dépendance », p.351.***) Un des signes du prestige était néanmoins le nombre d’esclaves et d’engagés que l’on avait à son service.

Nous avons déjà vu comment le roi Chulalongkorn s’est engagé dans la formation d’un Etat moderne centralisé, avec de grandes réformes ; comme celle de la grande réforme administrative de 1892, (création d’un nouveau système, avec des nouvelles circonscriptions et des fonctionnaires dépendant du pouvoir central), celle des finances publiques, la création d’un budget d’Etat en 1909, d’un service du cadastre en 1885,généralisé en 1910, l’abolition de la corvée royale en 1899 ( ?), l’abolition définitive de l’esclavage en 1905 … * et le « remplacement de la rente-travail et de la rente-produit par la rente-argent » pour reprendre une expression de Michel Bruneau.** Une société en pleine mutation, qui va changer les rapports personnels, créer de nouvelles sources d’enrichissement et de prestige, aussi bien pour le pouvoir royal que pour les nobles, les fonctionnaires, et les sujets aisés. Il faut se souvenir d’une donnée fondamentale qui se retrouve dans toutes les sociétés d’Asie du Sud-Est, comme le dit Forest, à savoir qu’auparavant, le système social était surtout fondé sur l’importance des relations de protection et de proximité. Il s’agissait pour chacun à la place qui est la sienne, d’être au plus près du roi dans la hiérarchie, et d’obtenir une fonction qui donnait enrichissement et prestige. Ceux-ci étaient liés, car le prestige de la fonction – que l’on occupe parce que l’on a acquis suffisamment de mérites- permettait l’enrichissement mais l’enrichissement se réinvestissait non dans des opérations économiques au sens occidental mais dans des dépenses somptuaires, des dons. (Aux monastères par exemple), et des aides diverses auprès de ses administrés, ses protégés, et ses engagés. (Forest « Formes extrêmes de dépendance », p.351.***) Un des signes du prestige était néanmoins le nombre d’esclaves et d’engagés que l’on avait à son service.

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